L'exploit : 180 km sans pilote

 

180 Kilomètres sans pilote

 

Le Capitaine Boucher recommença un peu plus tard ses essais à Etampes. Il choisit un nouvel avion Voisin. Il eut alors l’idée de la télémécanique, grâce à quoi, en 1918, il réussit à faire parcourir cent kilomètres à un avion sans pilote.

Nous n’entendons point ici diminuer le mérite du capitaine Boucher, qui sut tirer merveilleusement parti de la découverte de Mr Octave Détable, mais il nous a paru qu’il est de notre devoir de l’aviation en précisant le rôle du grand inventeur.

«  Extrait d’un article de Mr Pierre Lecerf , pilote-aviateur »

 

 

MEMOIRE DESCRIPTIF

Déposé à l’appui d’une demande de

BREVET   D’INVENTION

Formée par

Monsieur Pierre Octave DETABLE

AEROPLANE A PLANS AUTOMATIQUEMENT CORRECTIFS D’ÉQUILIBRE

 

Cette invention consiste en un aéroplane ayant pour but la locomotion aérienne, mais pouvant également être employé comme l’observation aérien, pour diverses applications météorologiques, ainsi qu’à la télégraphie optique et sans fil, la captation de l’électricité atmosphérique, etc.…

                       Cet appareil, essentiellement constitué de surfaces planes et concaves, en tissu imperméabilisé, en pellicules, ou en feuilles minces de bois ou métal, montées sur une armature rigide, en toute matière convenable, forme un ensemble d’une très grande stabilité, d’une grande efficacité comme parachute, offrant peu de résistance à la translation horizontale et d’un  poids total très minime en raison de la surface portante qu’il assure.

                       Un exemple schématique de la combinaison des surfaces planes et concaves de cet aéroplane est représenté sur le dessin ci-annexé, dans lequel :

                       La figure 1 en est une vue en élévation.

                       La figure 2 en est un plan correspondant.

                       La figure 3 en est une vue de face.

                       Enfin la figure 4en est une vue pers perspective regarde.

                       L’appareil se présente (fig. 2) sous la forme générale d’un plan rectangulaire a b c d, formé par : un plan à surface plane A constitué d’une surface rectangulaire a b e j d’une surface trapézoïdale j e f i et d’une autre rectangulaire i f g h, ces trois surfaces se prolongeant l’une à l’autre de l’avant à l’arrière de l’appareil. Le plan rectangulaire a b c d est complété par deux surfaces triangulaires i j k et e f l terminées par des bases rectangulaires k i h d et f l c g.

                       Le plan A est convenablement tendu de toile ou autre, que les plans j i h d k et e l c g f  sont recouverte de toiles non tendues et ayant un développement tel qu’elles forment par la réaction de l’air, des poches coniques à bases cylindriques B B dont les sommets sont dirigés vers l’avant de l’appareil.

                       A une faible hauteur au-dessus de la surface a b e j est disposé un autre plan parallèle A1 exactement semblable de forme et de dimensions et relié au premier par deux plans obliques C C symétriques de chaque côté de l’axe de l’appareil ; ces plans sont fixés parallèlement au plan supérieur en a1 et  j1 et en b1 c1 et au plan inférieure obliquement en a2 e2. Ces plans obliques C C peuvent être entoilés en totalité ou en partie.

                       Le plan supérieure A1 est destiné au redressement de l’avant de l’appareil.

                       Les plans obliques C C réunissant le plan supérieure au plan inférieure ont pour but de maintenir la stabilité transversale de l’appareil en effet, on a remarqué que la plupart des appareils volants effectuent leur chute non suivant leurs axes longitudinal ou transversal, mais suivant une de leurs diagonales générales ; c’est pour éviter ce mouvement que les plans C C ont été établis.

                       Le rôle des poches B B est très compréhensible ; elles agissent dés que l’appareil a tendance à s’incliner latéralement, la réaction de l’air gonfle immédiatement la poche du côté de l’inclinaison et celle-ci fait résistance au mouvement tandis que la poche du côté opposé flotte et n’a plus d’action comme surface portante ; dans ces conditions l’équilibre tend immédiatement  et automatiquement à se rétablir.

                       On remarque que les poches B B sont coniques et règnent d’avant en arrière sur toute la longueur de l’appareil en arrière du biplan A1 A et sont terminées par une partie cylindrique. Cette disposition a pour but de reporter l’effet du vent en arrière. Mais ces poches coniques peuvent être terminées par toute autre forme, constituant une certaine résistance au vent , telle qu’une base de conicité différente, en sens inverse ou dans le même sens, pour relever l’appareil à l’arrière. 

                       Il est également évident que l’appareil pourrait à la rigueur ne pas comprendre les plans obliques C C et ne comporter alors que les plans A et A1 et les poches latérales B B en arrière du plan A1 .

                       Bien entendu les formes de dimensions ainsi que les détails de construction et les matières employées seront déterminés par la pratique, suivant les différentes applications du principe des plans combinés pour la correction d’équilibre par la réaction automatique de l’air sur les dits plan.

                                            

RÉSUME .

 

Cette invention vise :

                   

                       1° - La combinaison d’un ensemble de plans automatiquement correctifs d’équilibre à surfaces planes et concaves, constituant un aéroplane applicable aussi bien à la navigation aérienne, aux explorations de l’atmosphère, aux observatoires aériens, à la télégraphie sans fil, à la captation de l’électricité atmosphérique et autres applications aériennes.

                       2° - La combinaison, en avant de l’appareil, de deux plane rectangulaires superposés à surfaces planes et réunis, ou non, par deux plans obliques entoilés en totalité ou en partie, symétriques de chaque côté de l’axe, et réunis au plan inférieure suivant une ligne divergente d’avant en arrière ; le plan inférieure étant prolongé par une surface triangulaire, complémentaires du trapèze pour former un rectangle, étant recouvertes de toiles non tendues dont le développement est tel qu’elles forment, par la réaction de l’air, deux poches latérales concaves, coniques d’avant en arrière, et terminées par une base cylindrique, ou conique de conicité différente en sens inverse ou de même sens.

 

EXPERIENCES : Janvier et Mai 1918

 

Janvier 1918

 

Moteur 220 H.P. Un pilote était à bord mais il n’ a pas touché à aucune commande, son rôle s’ est borné à poussé la manette des gaz après l’ envol pour limiter l’ ascension. Vol alors horizontal, puis au bout du terrain nouvelle diminution des gaz, descente en planeur, roulement sur très mauvais sol (labouré) et arrêt.

 

4 Mai 1918

 

Moteur 220 H.P. Un pilote à bord mais les commandes étaient immobilisées au moyen de ficelles pouvant casser sous l’ intervention du pilote en cas de nécessité. Roulement rectiligne, envol, vol horizontal, descente au bout du terrain, roulement rectiligne et arrêt. La vérification montre que les ficelles n’ étaient pas cassées.

 

--- ETC ---

 

Ces essaies ont étés faits avec des variations notables du dispositifs.